Lorsque je franchis le seuil, une lumière chaude vint envahir la pièce. Elle était tellement forte que je
fermai les yeux. Melody, elle, resta impassible, comme si elle ne la voyait pas. Au moment où cette
étrange lumière s’éteignit, elle laissa place à une pièce magnifique, ornée d’or et d’argent et remplie
de meubles et de tableaux plus beaux les uns que les autres. Comme était-ce possible ?! Il y a encore
quelques minutes, je voyais un véritable taudis, infesté de cafards et de rats. Maintenant, ce que
j’avais sous les yeux était le véritable contraire de tout cela. Je m’avançai prudemment à travers la
pièce, à la recherche de quelque chose de désagréable ou de sale mais ne trouvai rien. Soudain, je vis
une ombre se dessiner à l’embrasure de la porte.
-Melody ! Quelle plaisir de te revoir ! Mais que me vaut cet honneur ?
-Détrompe-toi Natsu. Je ne suis pas venu pour te voir mais parce que cette jeune fille avait besoin
d’un endroit où se cacher.
-Oh quel dommage. Et puis-je savoir ce que fuit cette belle et frêle colombe ?
-A vrai dire, je n’en sais rien moi-même. Mais j’aimerais bien le savoir.
Je me retournai alors vers Melody et le dénommé Natsu en les dévisageant l’un après l’autre. Je
remarquai alors que mon amie avait le regard sombre et qu’au contraire, un sourire arrogant était
figé sur le visage de Natsu.
-Alors jolie jeune fille ? Qu’est-ce qui t’amène dans mon humble demeure ?
-…
Je ne savais pas si je devais révéler mon identité à cet inconnu. Néanmoins, le regard insistant de
Melody me décida à le faire. Je leur racontai alors toute l’histoire, du début à maintenant. Melody en
resta bouche bée. Elle me regardait d’un air hébété qui en disait long. Mon regard se posa alors sur le
visage de Natsu. Il me dévisageait d’un air indéchiffrable. Je sentis le feu me monter aux joues. Je
déteste qu’on me dévisage ! Soudain, le bruit de plusieurs hommes dans la ruelle nous fit sortir de nos
pensées. Je commençai à paniquer. Je pensais vraiment que mon amie avait trouvé la meilleure
cachette de l’histoire mais la peur m’envahit quand même. Je m’assis alors sur le canapé, les
membres raides comme des piquets. Voyant ma réaction, mon amie vint s’asseoir à mes côtés et passa
ses bras autour de mes épaules pour me réconforter. Ce geste n’eut pas l’effet escompté puisqu’en
plus de mes membres-bâtons, je commençai à avoir la chaire de poule. Je ne me calmai que lorsque la
ruelle redevint silencieuse. Je me rendis compte alors que le mystérieux homme m’observait.
Maintenant, c’est à moi de poser les questions.