Alors que je chantais, j’avais accidentellement fais sortir de sous ma robe le collier que ma tante
m’avait donné il y a de cela des années. Celui-ci représentait le sceau de la famille impériale et
permettait de montrer aux autres notre classe sociale. La seule fois où je l’avais sorti était pour
persuader la concierge de nous laisser séjourner à l’hôtel sans payer immédiatement. Depuis, ce
pendentif était caché sous ma robe et je ne l’avais pas sorti pour mon audition de peur que cela ait un
impact sur la décision des jurés. Maintenant qu’il était découvert, j’avais peur que mes craintes ne
deviennent réalité. La jeune femme prit soudainement la parole, ce qui me tira de mes pensées.
-Je présume que vous êtes notre princesse. Que faîtes-vous ici à passer cette audition ? Votre place
est au palais.
-Et bien je… J’AIME CHANTER ! JE VEUX CHANTER ET JE ME FICHE DE CE QU’ON PEUT DIRE DE
MOI !
-On dirait que vous aimez chanter plus que tout au monde. C’est un bon point pour vous. Mais avez-
vous au moins le droit d’être ici ?
-A vrai dire...non. Je dois normalement être au palais.
-Intéressant. J’aurais besoin de discuter un peu avec mes acolytes. Veuillez sortir un instant svp.
Nous vous appellerons lorsque nous aurons finis.
Je sortis alors à contrecœur de la petite pièce. Après un interminable temps d’attente, une voix ferme
d’homme m’appela. Je refermai soigneusement la porte derrière moi et me retournai vers les trois
adultes.
-Vous êtes acceptée. Cependant, vous devrez vous déguiser pour ne pas qu’on vous reconnaisse.
-Me déguiser ?
Je restai incrédule face à cette étrange condition. Néanmoins, je suivis mon interlocutrice sans dire
un mot. Elle me conduisit dans une pièce remplie de vêtements, de perruques, d’accessoires et de
plein d’autres objets fabriqués pour embellir les célébrités. J’étais dans « Le couloir de la mode ».
J’avais vu une fois une émission sur cette fameuse garde-robe mais elle était beaucoup plus
impressionnante en vrai. J’étais émerveillée devant toutes ces paillettes et ces strass. Si seulement
Melody avait pu venir avec moi. Malheureusement, elle était restée dehors et je demandais bien ce
qu’elle faisait en ce moment. Tout à coup, la juré s’arrêta. De manière si brutale que je faillis la
bousculer. Je jetai un coup d’œil par-dessus son épaule et vis une immense cabine d’essayage. Elle
tourna les talons d’un geste vif et me dit d’attendre ici. Je la suivis des yeux un petit moment puis
détournai mon regard vers l’énorme cabine. Je l’examinai sous tous ces recoins et me demandai si
toutes les stars avaient déjà essayé cette dernière. Lorsque la jeune femme réapparut, elle avait en
main toutes sortes d’accessoires mais ce qui attira le plus mon attention fut une longue perruque
rose. Elle me tendit alors le tout et me fit signe d’entrer dans la cabine d’essayage. Elle me tendit
aussi une boîte de lentilles de couleur bleue. Une fois que j’eux fini de m’habiller, je me regardai dans
le grand miroir présent devant moi et restai émerveillée devant mon propre reflet. Etait-ce vraiment
moi ? Je tirai le rideau pour sortir et m’aperçut que les trois jurés étaient à présent rassemblés
devant moi ainsi que Melody. Je me demandai vraiment comment elle avait convaincu le gardien de
la laisser entrer. L’expression sur leur visage me disait qu’ils étaient, comme moi, émerveillés devant
mon déguisement. Après un long silence, un des hommes prit la parole et déclara avec un calme
vraiment surprenant :
-Et bien on dirait que votre idée n’était pas si mauvaise Mlle Ogawa. Le résultat est tout à fait
remarquable. Je vous laisse cependant vous occuper de cette jeune enfant. A partir de maintenant,
vous serez son manager afin qu’elle puisse un jour atteindre le sommet. Je suis sûre que cela va bien
se passer. Sur ce, veuillez m’excuser.
Après ces quelques mots, il se dirigea vers la sortie, entraînant son collègue avec lui. Une fois qu’ils
furent assez loin pour ne plus nous voir, Melody se jeta sur moi et faillit me faire tomber.
-Tu as réussi ! Tu as réussi Rose ! Tu vas devenir une artiste ! Et cette chevelure te va tellement bien !
Tu es vraiment magnifique ! Et avec ça, personne ne te reconnaîtra !
-Ne vous emballez pas trop vite. Tu chantes peut-être bien, mais pour être artiste, il faut savoir tout
faire. Comme vient de le dire M. Nakamura, je serai ton manager à partir d’aujourd’hui. Je m’appelle
Aiko Ogawa et je tiens à te prévenir, princesse ou pas, je serai sans merci.
Ces derniers mots me firent frissonner mais ils ne pouvaient cependant pas effacer la joie que je
ressentais en ce moment. J’avais réussi à entrer dans le monde que je convoitais depuis ma plus
tendre enfance : Le monde du spectacle.