• Chapitre 6

     

    Kanede entra sans même m’adresser un regard. Il avait acheté toutes sortes de choses : de la

    nourriture, un kit de premier soin, des vêtements… Je ne le quittai pas des yeux. J’en avais même

    oublié ce que je faisais avec le téléphone à la main. Je pensais avoir réussi à oublier notre dispute de

    ce matin mais ce n’était malheureusement pas le cas. Je pensais qu’une fois que j’aurais pleuré toutes

    les larmes de mon corps, il ne m’en resterait plus. Mais je me trompais. Voir Kanede m’ignorer

    réveilla en moi toute la tristesse que j’avais éprouvée quelques heures auparavant. J’avais à nouveau

    envie de pleurer mais je me retins à nouveau. Je me détournai de son beau visage et essayai de me

    concentrer sur le téléphone. Je n’y arrivais pas mais fis emblant d’y arriver et de composer un

    numéro. Soudain, je sentis une main prendre la mienne. Une main chaude et réconfortante. Le

    propriétaire de cette main me remit un bout de papier puis s’en alla. J’entendis la porte de la

    chambre s’ouvrir et se fermer. J’avançai prudemment le bout de papier qu’il m’avait donné à mon

    visage. « Va à l’hôtel Mirabello. Ils ne te trouveront pas là-bas. C’est à 3 heures de train d’ici. Il se

    trouve près de la plus grande station de musique du pays. Bonne chance. Adieu. ». Alors comme ça,

    c’était vraiment fini. Cela m’apprendra à tomber amoureuse du premier venu. Car oui, je venais enfin

    d’identifier la nature du sentiment qui me rongeait depuis que j’ai vu Kanede : l’amour. Dans tous les

    livres que j’avais lus, l’amour était désigné comme un sentiment magique, puissant. Tous ces livres

    disaient que l’amour rendait heureux. Mais ils se trompaient. L’amour pouvait aussi vous rendre

    triste. Triste à en mourir. Il pouvait vous déchirer le cœur. Peut-être que si ma tante m’avait laissée

    fréquenter des garçons au palais, je n’aurais jamais éprouvé ce sentiment pour Kanede. Peut-être…


    2 commentaires
  • Chapitre 7

     

    Lorsque je sortis enfin de mes pensées, la première chose que je fis fut de sortir pour m’acheter

    quelques bricoles comme…une valise par exemple ! Je pensai aussi à m’acheter des vêtements car je

    portais les même depuis hier et je ne trouvai pas ça très hygiénique. Arrivée devant un magasin assez

    mignon, je m’arrêtai et entrai à l’intérieur. Dès que j’eus franchi le seuil, je me rappelai que je n’avais

    pas pris d’argent avec moi en fuyant du palais -_-‘ Mais quelle gourde ! >.< Je ne voulais pas me

    rabaisser à emprunter de l’argent à Kanede alors j’essayai de me trouver un travail pour aujourd’hui,

    histoire de pouvoir au moins acheter mon ticket de train. Pour le reste, je l’achèterai une fois sur

    place, lorsque j’aurais un travail stable. Peut-être que ce travail aura un rapport avec la musique…

    Soudain, une idée me vint. Voilà la solution à mon problème : la musique ! Je me dirigeai alors vers la

    fontaine de la place et me hissai sur le rebord. Qu’est-ce que je pourrais chanter ? Mmm… Pourquoi

    pas une chanson en rapport avec ma situation ? C’est une bonne idée je trouve ! Alors je commençai à

    chanter. Voyant que personne ne m’écoutait, je chantai plus fort. Mais personne ne m’écouta non

    plus. Ce n’était peut-être pas une si bonne idée finalement… Au moment où que je commençais à

    désespérer, une voix féminine qui m’était inconnue s’éleva.

    -HEY ! Cela vous arrive d’apprécier les bonnes choses quand elles se présentent devant votre nez ?!

    Vous ne voyez pas que cette jeune fille veut vous chanter quelque chose bande d’idiots ?!

    C’est alors que la moitié de la foule qui m’ignorait encore il y a quelques secondes se retourna vers

    moi. La joie monta alors en moi et je regardai celle qui m’avait aidée. Je lui adressais un sourire des

    plus amicaux et me retournai à nouveau vers mes spectateurs. Cette fois, je ne chantai pas la chanson

    que j’avais choisie au début car un sentiment tout autre venait de s’emparer de moi. Ce sentiment, je

    l’avais déjà connu  en présence de Daphné car c’était l’amitié.

    Je mis toutes mes émotions dans mon chant et lorsque j’eus fini, je rouvris les yeux et vit que tous

    ceux qui s’étaient arrêtés pour m’écouter applaudissaient avec ferveur. Je fis la révérence et fis

    passer un verre dans lequel les passants mirent une somme considérable. Je n’en revins pas moi-

    même ! Je descendis alors de l’estrade improvisée sur laquelle j’étais et me précipitai vers l’inconnue

    qui avait rendu cela possible.

    -Salut ! Merci de m’avoir aidée ! Je m’appelle Rose. Et toi ?

    -Oh c’était vraiment trois fois rien ! Je déteste quand les gens m’ignorent alors j’ai supposé que c’était

    pareil pour toi. Et puis, tu m’as fait de la peine à t’égosiller sans que personne ne te remarque. Moi

    c’est Melody, enchantée. :)

    Soudain mon ventre se mit à gargouiller. Il faut dire que je n’avais rien avalé jusqu’à maintenant. Et

    tous ce que j’avais eu dans la bouche, c’était le goût amer des larmes.

    -Allez viens. Je connais un bon restaurant pas loin d’ici. Et ne t’inquiète pas, je t’invite. ^^

    Je suivis alors Melody dans les rues de la ville et nous arrivâmes devant un magnifique restaurant 5

    étoiles. Je m’apprêtai à y entrer lorsque Melody me retint.

    -Hey. Où est-ce que tu vas ? Ce n’est pas un endroit pour nous ça. C’est de CE restaurant que je te

    parlais.

    Je tournai la tête et vit une petite auberge nommé « Pirates ». Je suivis ma nouvelle amie à contre

    cœur en jetant un dernier coup d’œil au magnifique restaurant dans lequel j’avais envie de manger.

    Lorsque nous entrâmes dans le petit bâtiment, je remarquai aussitôt une forme familière. Je plissai

    les yeux pour mieux voir mais je n’arrivais toujours pas à reconnaître celui qui était posté dans un

    coin de la pièce. C’était une posture imposante et l’homme était vêtu de noir entièrement. Ce détail,

    qui m’avait d’abord échappé, me permis d’identifier celui qui se cachait dans la pénombre… 


    votre commentaire
  • Chapitre 8

    Le premier réflexe que j’eus fut alors de sortir du restaurant. Ce qui étonna fortement Melody.

    -Qu’est-ce qui se passe ? Il y a un problème ?

    -On doit partir d’ici. Et vite ! Viens !

    J’entraînai alors la jeune fille avec moi à travers les ruelles de la ville. Lorsque nous fûmes assez loin

    de l’endroit que je fuyais, je remarquai que nous étions alors devant un cul-de-sac.

    -Zut ! Il ne manquait plus que ça !

    -Est-ce tu vas te décider ç enfin me dire ce qui se passe, oui ou non ?!

    -Désolée Melody si je t’ai entraînée là-dedans. Je t’expliquerai tout une fois que nous serons en

    sécurité.

    -Quoi ? Tu veux dire que nous ne le sommes pas ?

    -...

    -Réponds-moi ! Je peux au moins savoir ça !

    -Non, nous ne sommes pas en sécurité. Il faut que nous trouvions un endroit où nous cacher…

    -Si c’est une planque que tu cherches, alors suis-moi !

    Je restai bouche-bée devant la proposition de Melody. Mais après tout, elle connaissait la ville

    beaucoup mieux que moi et je n’avais pas vraiment d’autres choix. Je la suivis alors en lui répétant

    sans cesse de se dépêcher.

    -C’est bon ! C’est bon ! J’ai compris ! Arrête tu vas finir par me stresser aussi !

    Je ne pouvais malheureusement pas me résoudre à rester calme. Soudain, une pensée me traversa

    l’esprit.

    -Kanede…

    -Quoi ? Qu’est-ce que tu as dit ?

    -Euh..non non rien du tout ! ^^’

    Son nom était sorti de ma bouche sans que je m’en aperçoive. « Est-ce qu’ils ont réussi à l’avoir ? Est-

    ce qu’il est déjà parti pour l’aéroport ? Peut-être qu’il en ce moment en danger. » Toutes ces questions

    sans réponses qui me trottaient dans la tête. Elles me perturbaient tellement que j’en oubliais ce que

    je fuyais. Tout à coup, le mot que m’avait donné Kanede me revint en mémoire. Et mon regard

    s’assombrit aussitôt.

    -Heho ! On est arrivé ! Allo la Terre ! Vous me recevez ?

    -Ah ! Euh..oui ! Désolée :|

    -Bon, alors. Tu entres ou pas ?

    Je relevai alors la tête et vit un petit bâtiment délabré. Je scrutai les environs et ne vis que des rats et

    des cafards. Je frissonnai. J’avais toujours eu une peur bleue des insectes et voir autant de cafards

    rassemblés en un même endroit me fit blêmir. Malgré tout ceci, le souvenir des gardes me

    pourchassant me décida à entrer dans la bâtisse.


    votre commentaire
  • Chapitre 9

     

    Lorsque je franchis le seuil, une lumière chaude vint envahir la pièce. Elle était tellement forte que je

    fermai les yeux. Melody, elle, resta impassible, comme si elle ne la voyait pas. Au moment où cette

    étrange lumière s’éteignit, elle laissa place à une pièce magnifique, ornée d’or et d’argent et remplie

    de meubles et de tableaux plus beaux les uns que les autres. Comme était-ce possible ?! Il y a encore

    quelques minutes, je voyais un véritable taudis, infesté de cafards et de rats. Maintenant, ce que

    j’avais sous les yeux était le véritable contraire de tout cela. Je m’avançai prudemment à travers la

    pièce, à la recherche de quelque chose de désagréable ou de sale mais ne trouvai rien. Soudain, je vis

    une ombre se dessiner à l’embrasure de la porte.

    -Melody ! Quelle plaisir de te revoir ! Mais que me vaut cet honneur ?

    -Détrompe-toi Natsu. Je ne suis pas venu pour te voir mais parce que cette jeune fille avait besoin

    d’un endroit où se cacher.

    -Oh quel dommage. Et puis-je savoir ce que fuit cette belle et frêle colombe ?

    -A vrai dire, je n’en sais rien moi-même. Mais j’aimerais bien le savoir.

    Je me retournai alors vers Melody et le dénommé Natsu en les dévisageant l’un après l’autre. Je

    remarquai alors que mon amie avait le regard sombre et qu’au contraire, un sourire arrogant était

    figé sur le visage de Natsu.

    -Alors jolie jeune fille ? Qu’est-ce qui t’amène dans mon humble demeure ?

    -…

    Je ne savais pas si je devais révéler mon identité à cet inconnu. Néanmoins, le regard insistant de

    Melody me décida à le faire. Je leur racontai alors toute l’histoire, du début à maintenant. Melody en

    resta bouche bée. Elle me regardait d’un air hébété qui en disait long. Mon regard se posa alors sur le

    visage de Natsu. Il me dévisageait d’un air indéchiffrable. Je sentis le feu me monter aux joues. Je

    déteste qu’on me dévisage ! Soudain, le bruit de plusieurs hommes dans la ruelle nous fit sortir de nos

    pensées. Je commençai à paniquer. Je pensais vraiment que mon amie avait trouvé la meilleure

    cachette de l’histoire mais la peur m’envahit quand même. Je m’assis alors sur le canapé, les

    membres raides comme des piquets. Voyant ma réaction, mon amie vint s’asseoir à mes côtés et passa

    ses bras autour de mes épaules pour me réconforter. Ce geste n’eut pas l’effet escompté puisqu’en

    plus de mes membres-bâtons, je commençai à avoir la chaire de poule. Je ne me calmai que lorsque la

    ruelle redevint silencieuse. Je me rendis compte alors que le mystérieux homme m’observait.

    Maintenant, c’est à moi de poser les questions.


    votre commentaire
  • Chapitre 10

    Maintenant qu’ils savaient tout de moi, je voulais moi aussi savoir tout d’eux. Je commençai alors

    mon questionnaire par la question la plus évidente au monde mais qui n’avait pourtant pas de

    réponses pour moi.

    -Comment vous appelez-vous ?

    -Oh mais je vois que notre jolie princesse est extrêmement polie. Pas besoin de me vouvoyer belle

    demoiselle. Tutoyez-moi je vous prie.

    -Bien alors, comment t’appelles-tu ?

    Ces mots sonnaient faux dans ma bouche. Jamais je n’avais tutoyé quelqu’un qui ne soit pas proche

    de moi au palais. Je vouvoyais même ma tante, qui m’avait pourtant élevée. Cependant, j’étais trop

    occupée à attendre la réponse de l’inconnu pour me préoccuper de ce détail.

    -Et bien, mademoiselle White, vous avez totalement raison de me poser cette question, aussi simple

    soit elle. Mais je pense que cela serait mieux si c’était votre ravissante amie qui y répondait.

    Sa réponse me déconcerta totalement. Je le savais bizarre mais là, cela dépassait mon imagination.

    Pourquoi voulait-il que ce soit Melody qui réponde à sa place ? J’avais compris qu’ils se connaissaient

    déjà grâce à leur conversation de tout à l’heure mais je ne pensais pas qu’ils étaient si proches.

    Surtout que Melody n’avait pas l’air de particulièrement l’apprécier. J’attendais alors la réponse à

    ma question initiale de la part de Melody.

    -Il me semble que tu as déjà entendu son nom Rose. Pourquoi devrais-je te le répéter ?

    Elle cracha cette phrase d’un ton si froid que cela me glaça le sang. C’est vrai. Je connaissais son nom.

    Mais à cause de tout ce qui s’était passé ensuite, je l’avais oublié. Je me sentis soudain stupide et ne

    voulus plus continuer mon interrogatoire. Mais je dis encore quelque chose avant de me taire.

    -Je dois aller à la gare la plus proche. Quelle est-elle ?

    -Et bien Majesté, la gare la plus proche est celle de Takanobaba. Voulez-vous que je vous y

    accompagne ?

    -Non ça ira. Je vais avec elle alors je te dispense de cette tâche.

    Elle s’apprêtait à sortir quand soudain mon ventre gargouilla. Ayant fuies le restaurant où nous

    comptions manger, moi et mon amie n’avions rien avalé depuis mon « spectacle ». Et moi depuis bien

    plus longtemps.

    -Je vois que mes charmantes invitées ont faim. Je m’en vais de ce pas vous chercher quelque chose à

    manger. Veuillez m’excuser un instant.

    Après ces quelques mots, Natsu doubla Melody et sortit de la maison. Enfin, si on peut appeler ça une

    maison. A vrai dire j’étais indécise face à la façon dont on pouvait qualifier la demeure du jeune

    homme. Je profitai de ce moment de solitude pour questionner Melody à propos de ce Natsu. Mais,

    me rappelant ce qui s’était passé dernièrement, je me ravisai même si je mourrai d’envie d’avoir des

    réponses aux questions qui n’en avaient pas concernant la relation entre ces deux étranges

    personnages. Melody me sortit de mes pensées en me tirant le bras. Elle était en train de m’entraîner

    dehors.

    -Mais on n’attend pas Natsu ?

    -Pas la peine, on mangera à la gare.

    Mon ventre gargouilla à nouveau et je commençai à détester le côté têtu de ma coéquipière.


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique